jeudi 27 avril 2017

Entre mes mains le bonheur se faufile

Auteur : Agnès Martin-Lugand
Genre : Contemporaine
Edition : Pocket
281 pages
Prix :
Synopsis :
Depuis l’enfance, Iris a une passion pour la couture. Dessiner des modèles, leur donner vie par la magie du fil et de l’aiguille, voilà ce qui la rend heureuse. Mais ses parents n’ont toujours vu dans ses ambitions qu’un caprice : les chiffons, ce n’est pas « convenable ». Et Iris, la mort dans l’âme, s’est résignée.
Aujourd’hui, la jeune femme étouffe dans son carcan de province, son mari la délaisse, sa vie semble s’être arrêtée. Mais une révélation va pousser Iris à reprendre en main son destin. Dans le tourbillon de Paris, elle va courir le risque de s’ouvrir au monde et faire la rencontre de Marthe, égérie et mentor, troublante et autoritaire…
Portrait d’une femme en quête de son identité, ce roman nous entraîne dans une aventure diabolique dont, comme son héroïne, le lecteur a du mal à se libérer.

Mon avis :

Forte de l'expérience agréable de ma dernière lecture de cet auteur, je renouvelle avec intérêt, ce nouveau roman contemporaine prometteur.

Il faut le dire, j'aime la couture. Depuis peu, certes, mais mon engouement pour les tissus devient de plus en plus entêtant. Je ne le cache pas, ma curiosité pour ce livre, tenait en grande partie à cette passion commune, et c'est tout naturellement que j'entreprends cette lecture sous le meilleur jour.

Alors, ai-je vraiment retrouvé les sentiments agréables que m'inspiraient l'auteur ? 

L'histoire, en elle-même, est assez touchante. Iris est attachante, timide et effacée. Depuis toujours, elle suit le chemin qu'on a bien voulu tracer pour elle. Ses parents, dans un premier temps, qui ne semblent pas voir en elle quelqu'un de talentueuse, la pousse vers une carrière qu'elle n'aime pas. Son mari, qui fait passer son travail avant sa femme, n'est pas d'un grand soutient non plus.
Iris mène une vie sans passion, routinière, et insipide. Forte heureusement, son amour pour la couture la libère quelque peu. Elle s'en contente, sans vraiment penser à en faire son métier...
Mais le jour où elle apprend que ses parents l'ont empêché de devenir une couturière, s'est le coup de fouet qu'elle attendait. Sur un coup de tête elle s'inscrit à des cours sur Paris, et sa vie va prendre une tout autre tournure...

J'ai vraiment aimé cette première partie. 

Le courage de changer, brutalement, son quotidien ; l'immersion dans ce monde qu'elle ne connait pas ; les rencontres et les situations face à ce métier passionnant... 
Suivre Iris au court de cette formation rapide et merveilleuse, m'a totalement conquise. J'ai aimé retrouvé la simplicité d'Agnès Martin-Lugand. 

La complexité de la relation entre son mari et elle est tout aussi intéressante. Bien que souvent, j'ai eu l'envie de secouer Iris pour la faire réagir. Je peux comprendre son besoin de sauver son couple, mais ce côté effacée est assez horripilant... 
L'autre relation très intriguante, est celle qu'elle entretient avec Marthe, personnage charismatique, mentor et directrice de l'atelier... Une femme de pouvoir, qui dicte sa loi et ne supporte pas l'a peu près.

Ce mélange de personnage donnait à l'ensemble une certaine dynamique qui m'était agréable. 

Pourtant, la seconde partie du roman est assez déroutante. Je n'ai pas compris le besoin de tout détruire, l'atmosphère plus oppressante et les directions prisent par chaque personnages... 
D'un roman simple, il en devenait un peu trop compliqué à mon goût. Je n'avais pas envie de lire ce genre de fin... Bien que certains détails significatifs m'aient interpellée dans les premières rencontres entre Marthe et Iris, je ne pensais pas que l'auteur pousserait son personnage jusque-là... Ma lecture en est devenue inconfortable...

Dommage...



  1. Ma note : 15/20

lundi 24 avril 2017

14-14



Auteurs : Silène Edgar et Paul Beorn
Genres : Jeunesse, Historique
Edition : Castelmore
349 pages
Prix :
Synopsis :
Hadrien et Adrien, deux garçons de 13 ans, habitent à quelques kilomètres l'un de l'autre en Picardie. Tous deux connaissent des problèmes à l'école, des troubles sentimentaux, des litiges avec leurs parents. Une seule chose les sépare : un siècle. Leurs destins vont se mêler et une faille temporelle leur permet d'échanger du courrier...





Mon avis :

Dès sa sortie, ce roman a titiller ma curiosité. Les critiques élogieuses étaient nombreuses, et l'idée qu'il reçoive le prix des Incorruptibles, n'a fait que renforcer mon envie de le découvrir à mon tour.
J'ai donc été ravis de me le voir offrir,  à l'occasion d'un Noël, mais depuis, il patientait en attend son heure...

C'est donc chose faite ! Aussitôt débuté, aussitôt achevé ! 

Comme tout bon roman, je n'ai pu arrêter ma lecture. Même l'heure tardive n'a pas su me ralentir, et j'ai terminé au petit matin, satisfaite mais fourbue, face à un roman original et addictif.
L'écriture à quatre mains est très intéressante. Bien que je ne me sois pas réellement renseignée sur qui avait écrit quoi, j'ai dans l'idée que chacun à pu prendre un personnage, un style et une époque... Mais ceux ne sont que des suppositions. Le mélange est très plaisant, et j'ai aimé pouvoir suivre ses deux garçons et cette situation si étonnante.

Comment aurions-nous réagit si notre correspondant avait cent ans d'écart avec notre époque ?!

Hadrien est un jeune homme intelligent et pleins d'ambition. Vivant en 1914, le garçon ne rêve que d'étudier pour devenir Ingénieur. Mais dans son petit village où la terre est la plus importante des richesses, comment peut-il faire face à son père, colérique et illettré, qui ne voit rien de bon dans les études ? 
Et Adrien, adolescent désillusionné, vivant en 2014, qui vient d'avoir le cœur brisé par sa meilleure amie. Pour lui, l'école ne sert plus à rien, à quoi bon. Harcelé par un garçon de sa classe, en conflit avec sa mère, un père absent et plus d'espoir en l'avenir.

Ses deux enfants que tout séparent vont pourtant entretenir une bien étrange correspondance. D'abord laborieuse, une amitié va s'épanouir, et lorsqu'Adrien, réalise que son ami vient du passé, il n'a qu'une peur, le perdre dans la guerre la plus dévastatrice qui n'est jamais eu. Il n'y a plus qu'une idée en tête, le sauver !

J'ai vraiment aimé lire cette histoire. Le dynamisme de ces échanges n'ont de cesses de nous transporter d'une époque à une autre et nous nous attachons très facilement à ses deux personnages simples et courageux.
Très vite nous espérons avoir des nouvelles de l'un et de l'autre, vont-ils chacun à leur tour réussir à surmonter leurs épreuves respectives ? Hadrien va-t-il pouvoir convaincre sa famille de fuir une guerre qui n'existe pas encore ? Adrien trouvera-t-il le courage d'affronter ses sentiments pour son amie Marion, quitte à se rendre ridicule ?

Je vous laisse le découvrir... 


Ma note : 17/20

dimanche 23 avril 2017

Mãn

Auteur : Kim Thuy
Genre : Contemporaine
Edition : France Loisirs
254 pages
Prix : 8.50
Synopsis :
mãn est une histoire d'amour entre une femme et celles qui l'ont, tour à tour, fait naître, allaitée, élevée. Elle a été déposée dans le potager d'un temple bouddhiste sur le bord d'un des bras du Mékong par une adolescente. Une moniale l'a recueillie et nourrie d'eau, de riz et du lait des seins d'une mère voisine, avant de la confier à une autre femme - enseignante de jour, espionne en tout temps.
mãn parle de l'amour à l'envers, celui qui doit se taire, celui qui ne peut être vécu, celui qui ne doit pas s'inscrire dans le temps en souvenirs, en histoires. Or, juste avant la fin, ou au milieu d'un nouveau début, ailleurs, loin de la chaleur tropicale, près du corps, dans la lenteur aérienne des flocons de neige, il y a eu un amour à l'endroit, c'est-à-dire un amour ordinaire né d'une rencontre ordinaire, avec un homme ordinaire, ce qui était pour elle l'extraordinaire, l'improbable. 
mãn, c'est l'apprentissage du mot « aimer » pour donner suite à la définition du verbe « vivre » de À toi et à la conjugaison de « survivre » de Ru.

Mon avis :

J'avais beaucoup d'attente concernant ce roman. Pour sa critique élogieuse, pour son résumer qui m'inspirait et pour mon imagination frétillante envers une lecture poétique... J'espérais que cette histoire serait à la hauteur de mon envie, je désirais lire un roman bouleversant, touchant et attendrissant. Je souhaitais pouvoir voyager à travers les mots de cet auteur intriguant...

Malheureusement, mon voyage initiatique s'est arrêté dès les premières pages...

Une grosse déception, pour moi qui est attendue si longtemps de pouvoir le découvrir. J'avais peut-être trop imaginé une trame dramatique... me rapprochant de mes auteurs asiatiques préférés. 
Cherchant cette alchimie dépaysante, qui n'est jamais venu m’appâter. 
J'aurais aimé pouvoir m'imprégner des senteurs de cette culture exotique, plonger dans ce monde qui ne m'est pas familier, pour ressentir et vivre à travers cette femme pourtant intéressante... 

Je suis passée à côté. 

Cela m'a semblé décousue, sans réelle point de départ. J'aurais peut-être aimé plus de détails, une histoire étoffée, qui ne m'aurait pas laissé sur ma faim. J'ai pourtant eu le sentiment, à plusieurs moments, de toucher du doigt un instant important, mais très vite, on passait à autre chose.

Pourtant le passif de la mère n'était pas sans intérêt et aurait mérité plus de quelques chapitres. 
Le déracinement de la jeune femme me semblait accrocheur, mais les détails émotionnels manquaient à l'ensemble de l'oeuvre. Sans doute, auraient-ils pu m'inciter à trouver un quelconque intérêt au personnage principal.

Bien sûr, ce n'est que mon avis, et je vous laisse juger par vous même de ce roman. Vous trouverez sans doute qu'il mérite plus d'attention que moi.


Ma note : 12/20

lundi 17 avril 2017

Gardiens des cités perdues

tome 1
Auteur : Shannon Messenger
Genre : Jeunesse Fantasy
Edition : Lumen
510 pages
Prix : 15 euros
Synopsis :
Depuis des années, Sophie sait qu’elle n’est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l’école, où elle n’a pas besoin d’écouter les cours pour comprendre. La raison ? Elle est dotée d’une mémoire photographique… Mais ce n’est pas tout : ce qu’elle n’a jamais révélé à personne, c’est qu’elle entend penser les autres comme s’ils lui parlaient à voix haute. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d’Histoire naturelle quand un étrange garçon l’aborde. Dès cet instant, la vie qu’elle connaissait est terminée : elle n’est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu’elle a quitté douze ans plus tôt. L’y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle ? Pourquoi l’a-t-on cachée dans le monde des humains ? Pourquoi n’a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé ? Un premier roman baigné de magie, dont la fantaisie et le sens du suspense font des miracles, et où éclate le talent indéniable de Shannon Messenger. Un nom à retenir !

Mon avis :

Cela fait un moment, maintenant, que cette saga me fait de l’œil. J'aime énormément la couverture de toute l'oeuvre, et les notes et appréciations des nombreux lecteurs ne pouvaient que me convaincre de le lire.

C'est donc chose faite, et si je dois vous avouer mon engouement pour cette histoire je n'aurais qu'à dire qu'il me tarde de pouvoir lire la suite !

La trame est faite de telle sorte que je ne pouvais que succomber à mon tour. Un personnage principal simple et adorable, pour une fois une fille, des événements qui vont chambouler sa vie et l'amener vers un destin qu'elle n'attendait pas, voilà qui sert à mon imagination !
Sophie pense être humaine mais une rencontre avec un jeune garçon  bien mystérieux va lui prouver le contraire. Elle... une elfe ! Comment est-ce possible ? Comment peut-elle y croire ? Et quel va être son avenir désormais ?

J'ai vraiment apprécié cette immersion dans ce monde elfique. Pouvoir découvrir, comme Sophie, les codes, les règles et les obligations de cette communauté qui gravite autour de nous. 
Perdue dans ce monde, nous évoluons au grès de la jeune fille, qui va se rendre compte, bien vite, que tout n'est pas rose dans ce monde qui se vente pourtant d'être parfait et sans problème...

Je ne me suis pas ennuyée un seul instant, alors que ma crainte était un peu justifiée. découvrir un livre jeunesse n'est jamais très évidant, au premier abord. Me voilà rassurée, ce roman a été dévoré et adoré ! Je pense lire très prochainement la suite, car il me tarde de comprendre toute les révélations faites dans ce premier tome. Car bien qu'il s'agisse d'une amorce dans l'univers créé par l'auteur, on en a pour notre argent. Nous avons le droit à nos multiples péripéties, à nos rebondissements et à quelques touchants bouleversements. 

Si vous n'avez pas encore été contaminer par cette saga, je vous conseille de foncer, je ne pense pas que vous serez déçu de ce moment passé en compagnie de Sophie et de ses nouveaux amis.

Ma note : 17/20

lundi 10 avril 2017

Et soudain tout change


Auteur : Gilles Legardinier
Genre : Contemporaine

Edition : Pocket 
388 pages 
Prix :
Synopsis :
Camille et ses amis se connaissent depuis la maternelle. Leur dernière année de lycée les a enfin tous réunis dans la même classe. A quelques mois du bac, en compagnie de sa meilleure amie, Léa, d'Axel, Léo, et toute sa petite bande, la jeune fille découvre joyeusement la vie. Tous se demandent encore quels chemins ils vont prendre. Ils ignorent encore que d'ici l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie. Du meilleur au pire, avec l'énergie de leur âge et leurs espoirs, entre convictions et doutes, entre illusions et réalité, ils vont expérimenter, échanger et affronter. Leur histoire est la notre.


Mon avis :

Quel plaisir de retrouver cet auteur. C'est le troisième roman que je découvre et bien qu'il ne s'agisse pas de mon préféré, j'ai retrouvé la fraîcheur qui me plait temps chez Legardinier.
Pourtant, le sujet n'était pas évidant. 

Camille est une jeune fille des plus ordinaires, qui comme toute adolescente à des amis, des conflits avec ses parents, et des problèmes existentiels tel que les études. Dans son monde bien ordonné, l'injustice est pourtant sa plus grande bataille. Forte de cette conviction, Camille voudrait que le monde soit plus juste pour elle et son entourage, et c'est avec cette fougue qui lui ait propre qu'elle s'engage dans des missions périlleuses pour sauver la veuve et l'orphelin.
Mais quand il s'agit de sa meilleure amie, comment faisons nous face à la cruauté de la vie ? Quelles sont nos choix pour préservé cette équilibre précaire ? Comment trouvé le courage d'affronter la réalité ?
C'est ce que la jeune fille, ainsi que ses acolytes de toujours, vont devoir surmonter... pour le meilleur et pour le pire...

Bien que la trame de l'histoire soit assez délicate, j'ai trouvé cette lecture légère et plaisante. Camille est adorable, et j'ai vraiment eu l'impression que l'auteur était une femme tant la psychologie de la jeune fille est bien détaillée. C'est d'ailleurs toute la force de Gilles Legardinier, qui s'est si bien se mettre dans la peau de ses personnages. 
Toutefois, je ne dirais pas que ce livre me marquera, contrairement à "Complètement cramé" qui est mon livre préféré. J'ai d'ailleurs déjà quelques flous dans l'histoire, alors que ma lecture ne s'est terminée que très récemment. 
Je ne pense pas, non plus, que ce fut une perte de temps. Comme souvent, la lecture de ce romancier m'apporte la sérénité recherchée à l'instant précis où j’entame son roman. Je ne m'attends pas à un livre "prise de tête", je ne souhaite qu'une détente confortable, allongée sous ma couette.

L'émotion est présente tout au long de cette histoire, les personnages sont touchants et valeureux. J'ai plusieurs fois souris, attendrie, face à cette amitié si sincère et profondes entre Camille et ses amis. 
J'ai trouvé la jeune fille courageuse, face aux décisions qu'elle prend ; face à ses sacrifices ; face à son acharnement. 
C'est une histoire qui rend hommage au dépassement de soit pour les êtres qui nous sont chers. 


Ma note : 16/20